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Biographie du champion d'échecs Paul Morphy

Biographie de Paul Morphy, joueur d'échecs du 19eme siècle


Le juge Morphy, de la Cour Suprême de Louisiane, occupait la plupart de ses loisirs à la pratique des échecs. Son frère, Ernest Morphy était, quant à lui, le meilleur joueur de la Nouvelle Orléans, sa réputation s'étendant même à tous les Etats-Unis.

Quand Paul, le fils du juge, atteignit les dix années, son père décida qu'il était temps de lui enseigner le jeu, pour qu'il puisse comprendre l'évolution des parties entre son oncle et son père, auxquelles l'enfant assistait souvent.

Paul Morphy était un enfant sage, réservé, très timide. Monsieur le juge Morphy fut fort étonné quand son fils avoua connaître déjà les règles du jeu, qu'il avait déduites en les regardant jouer. Il ne fallut que quelques semaines de pratique pour que l'enfant ne perdit plus une seule partie contre son père.

A l'âge de douze ans, Paul Morphy battait à plate couture son oncle Ernest. Après avoir rejoué les coups de cette partie, on est impressionnés par la sûreté d'un gamin de douze ans. Pourtant, on n'est pas au bout de ses surprises : Paul Morphy jouait cette partie dans des conditions spéciales. Il jouait A L'AVEUGLE ! ! !

Cette faculté de visionner le jeu dans sa tête a toujours fasciné les profanes. En fait, n'importe quel joueur sérieux ayant assez l'habitude des cases, est capable de faire une partie à l'aveugle. Bien la jouer est une autre paire de manches !

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Il y eut dans l'histoire des échecs des spécialistes du jeu sans voir, parfois autres que les plus grands joueurs de leur temps. Par exemple George Koltanowski, qui n'était pas un maître de tout premier plan, établit en 1961 un record du monde en jouant simultanément contre 56 adversaires, sans voir aucun jeu. On lui annonçait par exemple : « Au 42ème échiquier, votre adversaire joue Cf5 pour son quinzième coup. Que répondez-vous ? » Et il répondait presque instantanément, en code.

Le jeu à l'aveugle est extrêmement fatiguant. Il fait chauffer le cerveau et, à haute dose, il peut créer de graves troubles psychiques. Mis à part leur côté spectaculaire, les parties jouées ainsi n'ont pas d'intérêt particulier, leur qualité technique étant généralement assez faible.

La famille Morphy ne s'opposa pas à ce que leur fils fut exhibé dans les clubs d'échecs de la région. L'oncle Ernest servit d'impresario.

C'est ainsi que le célèbre général Scott, qui se targuait d'être un fort joueur, fut amené à rencontrer Paul. De passage à la Nouvelle Orléans, il demanda un adversaire à sa mesure. Une soirée fut organisée en son honneur. L'assitance était nombreuse. Quand le général Scott, homme de grande taille, fut amené à rencontrer son adversaire, il crut à une mauvaise plaisanterie. En face de lui se tenait -un petit garçon d'une dizaine d'années, vêtu d'une culotte courte en velours, une chemise en dentelle avec un large col. Les organisateurs du match durent insister longtemps pour persuader le général que cet enfant jouait très bien et que la partie serait intéressante. L'humeur du général n'était pas au beau fixe, encore moins quand après une dizaine de coups il fut mis proprement échec et mat. Une autre défaite. aussi cinglante acheva de glacer l'atmosphère. Tremblant d'indignation, le général se leva et quitta les lieux.

Une autre victime du « petit monstre » allait être le hongrois Johann Lôwenthal. Il effectuait en 1850 un tour des Etats-Unis, donnant des exhibitions de parties simultanées dans les clubs, et défiant quiconque dans des parties à avantage. Découvrez des parties de Paul Morphy sur cette page dédiée à sa carrière de joueur d'échecs.

Quand Lôwenthal rencontra Paul Morphy, celui-ci avait juste douze ans. C'est l'oncle Ernest qui relate la confrontation « Lôwenthal, gentleman courtois, s'assit pour l première partie avec le sentiment que cela n'allait être qu'une bagatelle".

A la fin du tournoi de New-York, Morphy lança un défi officiel à tout joueur d'échecs pour un match dans lequel il offrait l'avantage d'un pion et du trait (il aurait donc les noirs dans toutes les parties). Ce défi ne fut jamais relevé.

Néanmoins, le manque d'adversaire de taille, ne constitua jamais une entrave dans les progrès de Paul Morphy. En effet, entre douze et dix-huit ans, Morphy ne joua que très peu aux échecs.

Ses proches, au collège de Spring Hill, prétendent même ne jamais l'avoir vu avec un livre sur les échecs, encore moins avec un jeu. On prétend qu'il n'avait besoin d'un livre qu'une fois, qu'il le lisait, puis il le mémorisait pour toujours.

Ses études furent aussi rapides que brillantes. Il sortit en 1855 de Spring Hill, nanti des honneurs les plus hauts jamais décernés par le collège. Puis il entra à l'Université de Louisiane dont il sortit l'année suivante avec une capacité en droit, à l'âge de dix-neuf ans. Cette précocité était facilitée par une mémoire prodigieuse. Il était capable, dit-on, de réciter par coeur la plupart du Code Civil de Louisiane.

Londres et Paris commençaient à recevoir des échos des performances du prodige de la Nouvelle Orléans. Sûrs de leur force, les joueurs européens n'attendaient qu'une chose : la venue de ce petit prétentieux sans expérience, à qui l'on saurait bien montrer à quoi peut servir un siècle de tradition échiquéenne.

Le premier pas fut franchi par les américains. Le 4 février 1858, le « New Orleans Chess Club » invitait Howard Staunton à jouer contre Morphy, pour un prix de 5 000 dollars. Toutes les dépenses, y compris le voyage, seraient à la charge des américains. La réponse de Staunton, cinglante, parut dans la chronique de l'« Illustrated London News ».

DÉFI AUX JOUEURS D'ECHECS EUROPÉENS

« La fédération d'échecs américaine, est-il rapporté, est prête à défier tout joueur d'Europe avec le champion des Etats-Unis, pour un prix allant de 2 000 à 5 000 dollars, le lieu de la rencontre étant NewYork. Si le champ de bataille avait été Londres ou Paris, nul doute qu'un champion européen eut pu être trouvé ; mais les meilleurs joueurs d'Europe ne sont pas des professionnels, ils ont de plus sérieuses occupations, dont l'intérêt interdit une telle dépense de temps, comme peut l'être un voyage aller-retour pour les Etats-Unis ».

Morphy, traité de professionnel ! Pareil camouflet n'eut qu'une réponse : Morphy partirait sur le champ pour l'Angleterre, affronter Staunton sur l'échiquier.

Le club d'échecs de la Nouvelle Orléans offrit immédiatement à Morphy le pris de son voyage. Refus de Morphy qui répondit n'être pas un professionnel, et pouvoir payer lui-même son voyage.

Son arrivée à Londres, le 22 juin 1858, coïncida avec son 21ème anniversaire.

Dès son arrivée à Londres, Morphy n'avait qu'une idée en tête ; rencontrer Staunton pour mettre au point un match. Aussi se dirigea-t-il vers le quartier général de Staunton, le fameux « St Georges Chess Club ».

La rencontre eut effectivement lieu, et Morphy proposa d'emblée quelques parties légères à l'anglais. Staunton refusa, arguant un rendez vous impératif. En fait, son désir était de voir Morphy testé par les autres membres du club.

Le premier « cobaye » fut Owen, maître anglais de bonne force. Résultat : Morphy 4, Owen 1.

Puis vînt le tour de T.W. Barnes. Le début de ce match fut tout à fait surprenant puisque durant plusieurs jours, les victoires s'équilibraient. Sans doute Morphy était-il fatigué par son long voyage car les dix dernières parties furent gagnées par l'américain, le score final s'établissant à 19-7 en faveur de Morphy.

Pendant ce temps, Staunton s'ingéniait à différer le match que tout le monde attendait.

Le premier défi officiel émana d'une vieille connaissance, en la personne de Herr Lôwenthal. Celui-ci n'avait jamais digéré la défaite que lui avait infligé un gamin de douze ans à la Nouvelle Orléans. Une revanche s'imposait.

L'enjeu fut fixé à 100 livres, le vainqueur étant le premier à gagner neuf parties.

L'opinion publique déclara que Lôwenthal joua bien en dessous de sa force habituelle. C'était chose courante. Jamais un adversaire de Morphy n'était dans un bon jour. On dira, un siècle plus tard, la même chose des adversaires de Bobby Fischer. En dehors de son talent pur aux échecs, les succès de Paul Morphy s'expliquent également par la peur, dùe pour beaucoup à son apparence physique, qu'il transmettait à ses adversaires. Son allure de dandy énigmatique le mettait psychologiquement en position de force.

Le match terminé, Ldwenthal le relatait ainsi : « Après la première partie, mon sentiment était que Morphy n'était pas si redoutable qu'on voulait bien le dire. La deuxième confrontation ne me fit pas changer d'opinion, bien que je la perdis. Mais, dans la troisième, je vis toutes mes combinaisons se retourner contre moi, et je me sentis pris dans une étreinte contre laquelle il était vain d'essayer de se dégager ».

Morphy eut quand même un avant-goût d'une future rencontre avec Staunton, sous la forme d'une partie en consultation qui opposait d'un côté, une équipe formée de Staunton et Owen et de l'autre, Morphy était allié à Barnes. Sans doute, Morphy manqua-t-il ici de diplomatie puisque toutes les parties, en l'occurence trois, furent gagnées par le tandem Morphy-Barnes.

A la fin du mois d'août 1857 allait se dérouler le grand congrès d'échecs de Birmingham. Les meilleurs joueurs anglais, y compris Staunton, annoncèrent leur participation. Morphy préférait les matches individuels, où sa suprématie sur ses rivaux pouvait s'exprimer de façon directe. Aussi, au grand étonnement des organisateurs, annonça-t-il qu'il ne jouerait pas le tournoi, mais qu'il ferait le déplacement pour y donner une séance de parties simultanées à l'aveugle.

Quand Morphy annonça qu'il jouerait simultanément huit parties à l'aveugle, peu de gens croyaient la chose possible. Huit bons amateurs, dont le président de la Fédération d'échecs britannique, s'attablèrent en rang, tandis que Morphy, leur tournant le dos était placé dans un coin de la pièce. Quand tout fut prêt, Morphy annonça : « Pion quatre Roi sur tous les échiquiers ! ». Trois heures plus tard, la séance se terminait sur le score impressionnant de six victoires, un match nul, et une défaite. Morphy se leva, semblant dans le même état de fraîcheur qu'après une simple partie amicale.

Le résultat du tournoi de Birmingham ne manqua pas d'étonner les pronostiqueurs puisqu'il vit la victoire du vétéran Lôwenthal, encore lui, qui pourtant, venait de perdre la semaine précédente son match avec Morphy. Le deuxième fut le Viennois Ernst Falkbeer, puis venait seulement Staunton.

De retour à Londres, la principale préoccupation de Morphy fut l'organisation de son match avec Staunton, à cause duquel il avait traversé l'Atlantique. Depuis l'arrivée de Morphy en Angleterre, Staunton n'avait donné qu'un accord verbal pour ce match, mais il ne l'avait jamais démenti. Peu avant le tournoi de Birmingham, Morphy lui envoya une note à ce propos. Staunton lui répondit qu'il avait encore besoin de quelques semaines de préparation. Agacé, Morphy lui donna carte blanche pour fixer la date, le lieu, et les conditions que, de toute façon, il accepterait. Staunton ne daigna pas répondre, mais profita de l'absence de l'américain au tournoi de Birmingham pour dire que celui-ci avait peur de l'affronter. Toutefois, ils se virent au cours du tournoi et Staunton promit le match pour le début novembre.

Mais, dès la fin du mois d'août 1857, Staunton utilisait sa chronique du « London Illustrated News » pour prétendre que Morphy n'avait pas l'aptitude à le défier, ne possédant aucune garantie financière assurant le paiement de l'enjeu. Cette fois Morphy envoya sa réponse à plusieurs journaux, y compris le publicateur de Staunton, pour démontrer qu'il était largement couvert sur le plan financier et qu'il ne lui restait plus qu'à attendre que M. Staunton veuille bien avancer la date du match, à son entière convenance.

A partir de ce moment, Staunton invoqua son travail littéraire sur Shakespeare, n'étant pas, lui, libre de ses mouvements et devant rendre un travail à son éditeur.

Se rendant enfin compte que Staunton ne voulait pas de ce match, Morphy décida de se rendre dans l'autre fief des échecs mondiaux, Paris.

La mère de Paul Morphy était connue à la Nouvelle Orléans comme une pianiste de talent, et d'une manière générale, une mélomane distinguée. Elle avait inculqué à Paul cet amour de la musique. On raconte qu'il lui suffisait d'entendre une seule fois une mélodie pour la mémoriser définitivement, et pouvoir la chanter longtemps plus tard.

Durant son séjour parisien, il ne manqua pas une seule des représentations données à l'Opéra.

Le duc de Brunswick, passionné du jeu d'échecs, possédait une loge permanente, juste à côté de la scène. Un soir, pendant une représentation de « Norma », Morphy fut invité à prendre place dans sa loge. Un échiquier était toujours présent. Un ceil sur la scène, un autre sur le jeu, Morphy entama une partie contre le duc et son invité, le comte Isouard, ceux-ci se consultant. Cette partie, aussi justement célèbre que « L'immortelle » d'Anderssen, est un modèle d'attaque à sacrifice.

Si l'on analyse attentivement les plus belles parties d'attaque de Morphy, on s'aperçoit que toutes ses pièces participent à l'assaut. La partie de l'Opéra en est un exemple frappant.

Bien que sa manière d'éxécuter l'adversaire, de porter l'estocade finale, rappelle le style romantique, Morphy fut avant tout un joueur positionnel, annonçant les temps modernes. Comme tous les champions qui furent des enfants prodiges, son jeu était simple et harmonieux et son style « coulé ».

Dans certaines positions, alors que tout le monde attend un coup violent, Morphy se contente de renforcer son développement. Il attend que la position soit « mûre » et que ses arrières soient assurés avant de se lancer à l'attaque.

Anderssen possédait sans doute une vision des combinaisons aussi développée que celle de Morphy, mais la différence de force tenait à ce qu'Anderssen ne parvenait jamais à des positions assez fortes pour placer ses célèbres « coups de boutoir ». Obnubilé par quelques motifs tactiques, sa vision globale de la position laissait à désirer.

D'autre part, Morphy savait déceler les intentions agressives de ses adversaires assez tôt pour les étouffer dans l'ceuf, et les décourager psychologiquement.

Contre les joueurs au style pondéré, tel Harrwitz, il savait construire méthodiquement son attaque et donnait l'impression d'un rouleau compresseur.

Après le départ d'Anderssen, Morphy commençait de montrer une certaine aversion pour les échecs, et ses visites au Café de la Régence se faisaient de plus en plus rares.

Toutefois, un contrat restait à honorer.

Avant son départ de Londres, Morphy avait promis un match à M. Mongredieu, le président du « London Chess Club ». Mongredieu fit le voyage, et prit pension à l'Hôtel du Louvre. Bien qu'il ne se fit pas la moindre illusion sur l'issue du match, il était curieux de savoir par quelle marge Morphy l'emporterait.

Le match se déroula à l'hôtel de Mongredieu, avec pour seuls spectateurs messieurs Saint-Amant et de Rivière.

Comme toujours lors de la première partie de ses matches, Morphy n'était pas dans son meilleur jour, et la partie se termina par la nullité.

Ensuite, ce fut le massacre : sept victoires consécutives de l'Américain, et ce malgré une belle résistance de Mongredieu qui aurait pu remporter au moins une partie, s'il ne l'avait pas gâchée par une erreur grossière en finale.

Morphy avait prévu initialement de passer le Noël de 1858 chez lui, à la Nouvelle Orléans. Mais son état de santé et la perspective de rencontrer Anderssen avaient contrarié son projet. Aussi, dès la fin du match avec Mongredieu, il n'eut plus qu'une pensée : retourner parmi les siens.

Néanmoins, le chemin des Etats-Unis passait par Londres. Son beau-frère, arrivé à Paris peu de temps auparavant, l'accompagnerait.

L'accueil londonien fut très chaleureux. Après quelques exhibitions consistant en des parties légères (avec Bird notamment),un banquet fut organisé en son honneur au St George's Chess Club. Staunton n'y assista pas.

Morphy débarqua à New-York le 11 mai 1859.

Il n'aurait jamais pu imaginer avec quelle ferveur ses exploits européens avaient été suivis par ses compatriotes.

Les mois suivant son arrivée furent occupés par des réceptions en son honneur. Les journaux américains, en paticulier le New-York Times, multipliaient les articles remplis d'éloges dithyrambiques envers le vainqueur des Européens.

On portait des chapeaux Morphy, fumait des cigares Morphy, on arborait le monocle Morphy.

Les festivités ne permirent son retour à la Nouvelle Orléans qu'au mois de décembre 1859. Entre temps, il avait accepté de tenir la chronique d'échecs du New-York Ledger, dont il s'occupa jusqu'en août 1860.

Refusant de faire des échecs une profession, ce qu'il eût du mal à faire admettre par l'opinion publique, il tâcha dès lors de s'établir comme juriste.

Sa carrière de joueur d'échecs avait duré en tout et pour tout dixhuit mois !

Le reste de la vie de Paul Morphy ne fut que pure tragédie.

Comme les pièces qu'il maniait sur l'échiquier, les journées de Morphy étaient sur-organisées. Aux alentours de midi, il marchait le long du canal, puis il passait l'après-midi avec sa mère, le soir étant consacré aux sorties à l'Opéra.

Malgré ses déclarations d'intention, Morphy ne put (ou ne voulut) professer le droit. Il faut mentionner qu'à la mort de son père, il toucha un héritage de 150 000 dollars.

Toute conversation à propos des échecs lui devint intolérable, spécialement toute allusion à sa carrière passée. Seul, son ami d'enfance Charles Maurian, eut droit à quelques parties amicales.

Ses dernières déclarations relatives aux échecs furent d'une part en 1874, apprenant la mort de Staunton, où il le jugea comme « bon joueur, manquant d'imagination », et d'autre part, à propos de Steinitz « Je le connais, son gambit n'est pas bon ».

Il commença de développer le complexe de persécution. Ernest Jones, dans son livre « Le problème Paul Morphy », raconte que son illusion était centrée sur le mari de sa sceur aînée qui, croyait-il, voulait lui voler son patrimoine. Il engagea un procès qui montra que son accusation était sans fondement.

Il crut aussi qu'on voulait l'empoisonner, et il n'acceptait la nourriture que des mains de sa mère.

Ernest Jones relate également qu'il s'arrêtait en pleine rue pour fixer longuement le visage des femmes qui le croisaient. Ou bien, il disposait des chaussures de femme par terre, en demi-cercle au milieu de sa chambre. Quand on lui demanda pourquoi, il répondit : « J'aime les regarder ».

En ville, chacun tentait maintenant de l'éviter quand il marchait le long du canal, et qu'il parlait seul, souriant à ses propres pensées. Le 11 juillet 1884, sa mère le trouva mort dans la baignoire.

Extraits tirés du livre "La fabuleuse histoire des champions d'echecs", Nicolas Giffard.